LE CHAMPION

LE CHAMPION

THE CHAMP

Un drame de King Vidor

83  mn

Avec Wallace Beery, Jackie Cooper, Irene Rich, Roscoe Ates, Edward Brophy, Hale Hamilton, Jesse Scott, Marcia Mae Jones
Scénario de Leonard Praskins, Wanda Tuchock
D'après Frances Marion
Photo de Gordon Avil
Produit par King Vidor

RESUME
@H@A.Un ancien champion de boxe qui s'adonne à l'alcool et au jeu vit seul avec son fils. Pour lui il voudrait remonter sur le ring, mais ses vieux démons l'en empêchent. Il gagne tout de même au jeu et peut acheter à son fils le cheval dont il rêve.

COMMENTAIRE
« Le champion » remporta un gros succès à sa sortie, consacrant le tandem Wallace Beery-Jackie Cooper. Trois autres films suivront, qui s’évertueront - souvent avec succès - à reproduire les inoubliables relations père-fils imaginées ici. La performance de Beery lui vaudra d’ailleurs l’unique Oscar de sa carrière - qu’il devra partager avec Fredric March cette année-là. Son jeune collègue de 35 ans son cadet, avait été nominé pour sa part dans « Skippy » sorti peu de temps avant et qui fit de lui une vedette. L’histoire inventée par Frances Marion - reprise en 1953 par Robert Z. Leonard et en 1979 par Franco Zeffirelli qui en exploite fortement l’aspect émouvant - recevra également l’Oscar. La touchante affection entre un père célibataire, boxeur déchu et démuni, et son fils élevé dans la rue, qui n’est pas sans rappeler celle qui nourrit « Le Kid » de Charlie Chaplin, est certainement ce qui retient le plus l’attention. Rendant la chose plus attachante encore, le fils, déçu par moment mais toujours confiant, doit subir les excès d’un père alcoolique et flambeur dépourvu du sens des responsabilités. S’il est attentif et aimant, s’il ne vit que pour son fils, ce personnage n’en demeure pas moins un être immature. La scène où il perd au jeu le cheval de son fils est emblématique de ce tempérament qui inverse ces rapports parent-enfant traditionnels : tel un gamin pris la main dans le sac, il craint d’avouer la nouvelle à un fils qui découvrira finalement lui-même qu’il n’a plus de cheval. Ceci n’empêche pas le personnage incarné par Cooper de croire en son père, de l’idéaliser et d’espérer le voir un jour retrouver sa gloire perdue de champion du monde de boxe. King Vidor dirige les deux acteurs avec maestria. Afin d’affirmer le caractère de ses personnages, il n’hésite pas à s’attarder sur des scènes d’apparence insignifiante comme celles où ont voit l’enfant déshabiller un père en état d’ébriété, ou escalader tranquillement un toit pour finalement saluer son père du faîte de l’édifice. Curieusement, « Le champion » est l’un de ses rares films que Vidor ne mentionne pas dans son autobiographie… Dans un registre plus formel, ajoutons qu’outre l’absence de musique de fond, les extérieurs sont encore nombreux à l’inverse de la plupart des films MGM qui sortiront par la suite.

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