CHASSE À L'HOMME (1941)

CHASSE À L'HOMME (1941)

MAN HUNT

Un film de guerre de Fritz Lang

98  mn

Avec Walter Pidgeon, Joan Bennett, George Sanders, John Carradine, Roddy McDowall, Ludwig Stossel, Frederic Worlock
Scénario de Dudley Nichols
D'après Geoffrey Household
Musique de Alfred Newman
Photo de Arthur Miller
Produit par Kenneth McGowan

RESUME
Un Britannique, grand chasseur de gibier, attente à la vie d'Hitler par jeu. Pris par la gestapo, il doit signer une déposition où il avoue qu'il a agi sur ordre. Il refuse et parvient à s'évader. S'engage alors une chasse à l'homme.

COMMENTAIRE
« Chasse à l’homme » est le premier volet de la tétralogie américaine que Fritz Lang consacra à la lutte contre le nazisme. Partant d’une idée originale, un touriste anglais tente de tuer Hitler, le film se poursuit sur une chasse à l’homme qui permet non seulement de dénoncer l’esprit retors des nazis mais également de condamner fermement le führer : « Il est coupable envers l’humanité ! Coupable envers chaque être humain ! Coupable de haine, d’intolérance, de meurtre ! » peut-on entendre de la bouche du héros. « Je voulais venger les crimes de ce monstre ! » dit-il également pour justifier ses intentions meurtrières, et ce pour le bien du peuple allemand ajoute-t-il en substance. La virulence du propos est étonnante quand on sait que le film sort sur les écrans alors que l’Amérique n’est pas encore entrée en guerre et qu’elle veut donner l’impression de se tenir à l’écart des évènements se déroulant en Europe. Plus qu’une attaque par les mots et l’image, le film va jusqu’à attiser la paranoïa des dirigeants nazis. Car assez pernicieusement, la fin, surprenante, accorde une dimension messianique à l’homme qui éliminera Hitler. Par ailleurs, les cyniques George Sanders et John Carradine incarnent le nazisme qui s’acharne sur les peuples libres personnifiés par le sympathique Walter Pidgeon. (L’acteur allait rejouer le patriote anglais modèle dans « Madame Miniver » sorti l’année d’après). A leur côté on trouve un charmant Roddy McDowall, lequel, à l’occasion de son premier rôle au cinéma, joue un jeune mousse complice du fugitif, et Joan Bennett dont le jeu outrancier évoque assez curieusement celui des acteurs du muet. A cette mise en scène appuyée s’ajoute un côté appliqué propre à Lang, qui a pour effet d’annihiler une part de spontanéité et de naturel. Par leur aspect studio, les décors appuient encore cette impression de facticité. Ceci étant, le film est traversé de scènes mémorables. Outre celle de la tentative d’assassinat qui ouvre le film, et la poursuite dans le métro qui se conclut par l’électrocution de Carradine, la séquence où le héros est pris au piège dans la grotte où il demeure pour se faire oublier des nazis est des plus insolites. Arroseur arrosé, le chasseur incarné par Pidgeon est pris comme un rat dans sa tanière par un Sanders machiavélique. Il parviendra à en réchapper grâce à la ruse et en exploitant une broche en forme de flèche, un élément que les auteurs auront patiemment mis en place durant une bonne partie du film. Par ailleurs, en référence à la façon dont va mourir le méchant, une statue de saint Sébastien apparaît à plusieurs reprises durant le film.

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