CIMARRON

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Un western de Wesley Ruggles

119  mn

Avec Richard Dix, Irene Dunne, Estelle Taylor, Nance O'Neil, William Collier Jr., Roscoe Ates, George E. Stone, Stanley Fields, Robert McWade, Edna May Oliver
Scénario de Howard Estabrook
D'après Edna Ferber
Photo de Edward Cronjager
Produit par William LeBaron

RESUME
@F.Lors de la ruée sur l'Oklahoma, un aventurier se fait ravir, par une opportuniste, la terre qu'il convoitait. Il décide tout de même de faire venir dans la nouvelle ville en construction sa famille qu'il a laissée dans le Sud, et de fonder un journal.

COMMENTAIRE
Cette année-là, c’est ce western de Wesley Ruggles qui remporte l’Oscar du meilleur film devant « East Lynne » de Frank Lloyd, « The Front Page » de Lewis Millestone, « Skippy » de Norman Taurog et « Horn le trafiquant » de Woody S. Van Dyke. (Il faudra attendre presque soixante ans avant de revoir un western récompensé de la sorte ! Ce sera « Danse avec les loups » de Kevin Costner). Comme le confirme le succès de « Cavalcade » qui obtiendra également la précieuse récompense dans la même catégorie deux ans plus tard, la fresque familiale nostalgique s’avère un genre prisé au début des années trente. Face aux jours sombres que la crise économique laisse entrevoir, le public de l’époque préfère, semble-t-il, se réfugier dans un passé révolu - qui a naturellement tendance à être idéalisé. Car s’il est loin d’être rose, ce passé a le privilège d’offrir des espoirs infinis et d’être porté par des valeurs fédératrices, des conceptions qui ne semblent plus de mise en 1931. C’est ainsi que cette fresque qui débute le jour de la fameuse ruée sur l’Oklahoma en 1889 pour s’achever en 1930 à l’époque de la sortie du film, relate une Amérique des pionniers où tout est possible pour peu qu’on s’en donne les moyens. Dans ce cadre fantasmatique, le personnage principal joué par Richard Dix est l’incarnation de ces hommes qui par leur détermination, leur courage et leur abnégation nous sont présentés comme les véritables fondateurs du pays. Plus qu’un modèle, ils semblent symboliser, durant cette période de morosité, cette race éteinte qui ne put réussir que parce que la période s’y prêtait. Ceci étant, le film est la grande superproduction de l’année - ce qui explique aussi qu’il fut retenu pour les Oscars. Les très nombreux extérieurs filmés souvent en plans larges sont constamment pourvus d’une imposante figuration. Le clou du spectacle reste évidemment la course épique qui permet aux participants de remporter les terres offertes par le gouvernement. Mais les plans successifs de cette rue boueuse et toujours populeuse qui évolue au cours du temps pour devenir une artère bordée de buildings sont également impressionnants. Hormis Dix dont le chapeau blanc et l’habit d’apparat lui donne un aspect ridicule, le film recèle par ailleurs une authenticités que n’auront plus les westerns des années cinquante et en particulier son remake réalisé par Anthony Man en 1960, « La ruée vers l’Ouest ».

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