CLÉOPÂTRE

CLÉOPÂTRE

CLEOPATRA

Un film historique de Cecil B. DeMille

97  mn

Avec Claudette Colbert, Warren William, Henry Wilcoxon, Joseph Schildkraut, Ian Keith, Gertrude Michael, C. Aubrey Smith, Irving Pichel, Arthur Hohl, Edwin Maxwell, Claudia Dell, Harry Beresford, William Farnum, Lionel Belmore, Florence Roberts
Scénario de Waldemar Young, Vincent Lawrence
D'après Bartlett Cormack
Musique de Rudolph G. Kopp
Photo de Victor Milner

RESUME
@P.En 48 avant J-C, César se rend en Egypte où il met fin aux guerres fratricides qui déchirent la nation. Revenu a Rome après être tombé amoureux de Cléopâtre, il est assassiné. A son tour Marc Antoine succombera au charme de la belle Egyptienne.

COMMENTAIRE
D’abord César, puis Marc Antoine, deux figures mythiques de la Rome antique, deux des hommes les plus influents du premier siècle avant Jésus Christ, verront leur destin basculer parce qu’ils n’auront pas su résister au charme et à la beauté d’une reine d’Egypte. Cette passion amoureuse qui prend les formes d’une tragédie avait de quoi alimenter un péplum éblouissant. Hélas, pas suffisamment épiques, toujours trop bavards et confinés, les films qui en seront tirés, que ce soit celui-ci ou celui que réalisera Joseph L. Mankiewicz en 1963, (il demeurera toujours une incertitude quant à la version présumée détruite de 1917 avec Theda Barra), engendrent invariablement une certaine déception. Exceptionnel dans l’œuvre parlante de Cecil B. DeMille, aucune scène véritablement magistrale n’agrémente ce « Cléopâtre ». On a bien l’arrivée de la reine dans Rome - qui est également la plus belle séquence de la version de 1963 -, et quelques scènes de banquets fastueux, mais ceci n’a de loin pas l’aspect fascinant des combats dans l’arène qu’on découvre par exemple dans « Le signe de la croix », le précédent péplum du cinéaste. En revanche, la seule scène qui aurait pu enflammer le film, les combats qui opposent Marc Antoine à Octave, est peu digne du maître de la superproduction. Elle est en effet traitée chichement sous forme de fondus enchaînés où se succèdent des images puisées dans les stock-shots des « Dix commandements » - réalisé par DeMille dix ans auparavant -, des batailles navales reconstituées avec de grossières maquettes de navire, ou encore des guerriers apparaissant en surimpression. Il convient toutefois d’ajouter que ceci n’est pas représentatif du film qui, par ailleurs, est réalisé avec un soin particulier. Car s’il est dépourvu de belles et grandes scènes d’action, il n’en est pas moins paré de décors intérieurs somptueux. De même, à l’instar des toilettes portées par Claudette Colbert, les costumes ne peuvent manquer de retenir l’attention. Ces atouts esthétiques sont encore soulignés par une photographie de Victor Milner, récompensée par un Oscar, qui affichera des plans inoubliables tel que celui qui conclut le film. Les dialogues et le scénario où se mêlent humour, sexe et passion sont également brillants. Ajouté à une distribution d’où seul ressort Colbert, c’est bien cette mise en scène théâtrale se complaisant dans des décors de studio et manquant parfois de rythme, qui porte quelque peu préjudice à l’ensemble.

Tous les droits de reproduction et de diffusion réservés © 2013 Hollywood33